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Voilà quelques temps déjà que j’attendais ce moment.

Le moment ou  une aponévrosite plantaire tenace (ou fasciite ? Ou une épine calcanéenne ? Je sais pas vraiment, bref, on s’en fiche) a choisi de se faire doucement oublier après huit mois de présence envahissante et quatre autres de manifestations intermittentes. Pourquoi cette vacherie semble t-elle vouloir disparaître maintenant  ? Mystère… Peut-être un bon alignement des astres ou mon entrée dans le monde vegan en sont-ils la raison (plutôt les astres normalement, parce que le monde vegan, finalement, je verrai ça dans une autre vie) ?  Tout ceci pour dire que mes chaussures de trail n’ont pas été vraiment sollicitées cette année et qu’en revanche certaines descentes d’un sommet renommé pour son altitude prestigieuse, ses arrêtés municipaux polémiques et ses célèbres empilements de caillasses, ont été un peu pénibles.

Enfin ça y est, la saison de guide est passée et quelques essais prudents dans les collines m’ont convaincu de retenter ma chance sur un itinéraire un peu plus ambitieux.

C’est donc muni de quelques pastilles anti déglingue, de deux bananes, d’un sachet de palmiers « Marque repère » (les meilleurs ; les spécialistes sont unanimes), d’un bidon de 600ml et d’une bouteille d’eau minérale verte (la bouteille pas le contenu) que j’ai pris le départ. Mon idée du jour : affronter la Chartreuse, ses a-pics vertigineux et ses sombres versants nord depuis Saint Nazaire les Aimes, riante bourgade du Grésivaudan au pied, ou presque, de la Dent de Crolles.

Bon, je ne vais pas vous faire l’article mais si des étrangers au bassin grenoblois sont de passage et qu’ils sont en plus trailers friands de beaux parcours, la montée depuis Saint Nazaire (350m) par le col du Baure, le col du Coq, le col des Ayes pour rejoindre la croix de la dent de Crolles (2069m) est bien sympathique.

En plus, on trouve de l’eau en route, même en plein octobre tendance changement climatique, c’est dire ! Moi, j’ai poursuivi vers la cabane de Bellefont pour descendre vers Perquelin (960m), cul de sac apprécié pour sa proximité avec le Guiers Mort (pour trouver plus excitant que ça, je ne vois que la commune de La Morte !) avant de remonter au col des Ayes, puis au sommet de Pravouta (1770m). Oubliez le nom franchement pas terrible, et concentrez vous sur la vue parce qu’elle est vraiment sympa. De là vous pouvez rejoindre le col du Coq, encore lui, et rester coté ouest pour rallier le col de la Faïta (1450m), C’est ce que j’ai fait, non sans regretter d’avoir depuis longtemps dévoré mes « palmiers », pour finalement basculer, les jambes flageolantes, vers la vallée de l’Isère et boucler la boucle. Une boucle de quarante km et 2800m de dénivelé quand même, on est entre gens sérieux quoâ !

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Voilà,  à ce stade je passerai sous silence le nombre d’heure qui m’a été nécessaire pour effectuer ce parcours.

Un horaire qui aurait dû normalement être remarquable, comme vous vous en doutez, s’il n’avait été rallongé par les très nombreuses minutes consacrées à remplir ma bouteille verte dans les ruisseaux et à m’essouffler plus que de raison en mastiquant laborieusement mes pauvres biscuits, fleurons de l’industrie patissière nationale. Ça aussi, on s’en fiche : ce qui est important, c’est que la journée était splendide, que le plaisir de cavaler sur les crêtes était total et que nous étions  nombreux (ses) à en profiter !