Les jours de pluie ont ceci de bon qu’on en profite pour faire ce qu’on repousse depuis longtemps : du rangement et du tri.

Une occasion de faire quelques retrouvailles avec des souvenirs, pas vraiment oubliés mais enfouis sous la pile des évènements accumulés au fil du quotidien. Je vous invite à partager ceux-ci, modestes témoignages d’un périple en Inde qui, de Rishikesh à Badrinath m’a fait découvrir le Kalindi khal.

Pas de méprise ! Le Kalindi Khal, n’a rien d’un instrument de musique situé quelque part entre la cithare, le luth et le didgeridoo.

C’est un col situé au nord de l’Inde aux confins de l’Uttarakand. Un lieu qui monte déjà haut dans la gamme de l’altitude : plusieurs jours entre 4500 et 6000m sur un terrain qui ne favorise pas les retours en arrière lorsque la neige vient à tomber comme elle sait le faire là-bas.

Côté mélodie, c’est celle des pierres qui dévalent les versants, des craquements de glaciers démesurés et du vent qui soulève des nuages de poussières sur les flancs des moraines.

Une musique pour mélomanes avertis donc, mais il ne fait pas de doute que ceux-là apprécieront. Après avoir quitté la plaine et parcouru la moyenne montagne jusqu’à Gangotri, les lieux révélent toute leur puissance dans la montée vers Gaumukh.

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Gaumukh, c’est le glacier au pied du Shivling, du Meru et des Baghiratis, un haut-lieu de pèlerinage et de mysticisme.

C’est le Gange qui s’en échappe et son eau sacrée attire des milliers de pèlerins décidés à la recueillir à même la glace, au mépris du mal d’altitude qui taraude le crâne et affaiblit les jambes. 3900m lorsque on arrive de Calcutta, ça n’est pas anodin et parfois, le retour en vallée s’effectue en urgence et à dos d’homme.

Gange source

S’y ajoute un autre genre de pélerin : des occidentaux de tout poil appuyés sur leurs béquillesbâtons et porteurs des caméras et autres appareils photos qui, il y a dix ans n’étaient pas encore remplacés par nos smartphones. Ils (les occidentaux) ne sont pas toujours en meilleure forme et si le besoin s’en fait sentir, ils s’improvisent cavaliers pour parvenir au but à dos de mule…

Au chapitre des rencontres, que dire des sadhus au regard pénétrant et à la silhouette improbable ?

Eux aussi font le déplacement et séjournent même à proximité du glacier, là ou le torrent sous-glaciaire parvient à l’air libre. Comment survivent-ils dans cet environnement ? Mystère…

sadhu au parapluie

Et comme l’Inde est un continent surprenant, je vous propose le spectacle peu ordinaire d’un ours tombant d’un arbre !

Apparemment surpris dans un petit gueuleton de graines qu’il croyait terminer sereinement, il s’est effondré de branche en branche jusqu’à percuter le sol dans un bruit sourd.  Probablement aussi vexé qu’endolori, il s’est éloigné clopin-clopant pendant qu’on se demandait si on n’avait pas rêvé !

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Bon, il est temps que je retourne à mes rangements et si la pluie veut bien s’arrêter, il y aura sans doute moyen de mettre le nez dehors…