Les chiffres parlent d’eux même : après une baisse de la mortalité sur les routes en juillet et août, le résultat de septembre est tombé. Et il n’est pas bon.

« En métropole, 323 personnes sont décédées en septembre 2018, soit 26 de plus qu’en septembre 2017 (+8,8%). Le nombre d’accidents corporels est de 5 373 contre 5 088 en septembre 2017, soit 285 accidents corporels de plus (+5,6%) », tandis que « la mortalité motocycliste est restée élevée mais stable comparée à 2016 et 2017 » (source Observatoire interministériel de la sécurité routière, http://www.securite-routiere.gouv.fr/la-securite-routiere/l-observatoire-national-interministeriel-de-la-securite-routiere/accidentalite-routiere/barometres-mensuels).

Bien que ce même bilan valorise les bons résultats des mois de juillet (-5.5%) et d’août (-15.5%)…

…en présentant cette période comme la plus meurtrière de l’année en raison de la grande mobilité estivale, on peut s’interroger sur la réalité de cette affirmation en consultant le tableau ci-dessous. Celui-ci montre que les mois de juin et juillet figurent parmis les cinq mois les plus meurtriers avec août septembre et octobre sur les quatre dernières années (source : Le Monde, https://www.lemonde.fr/securite-routiere/article/2018/02/01/securite-routiere-legere-baisse-du-nombre-de-morts-en-2017_5250473_1655513.html).

Plutôt que de polémiquer sur ces appréciations, il est préférable d’attendre les données du quatrième trimestre 2018.

Elles en diront davantage sur l’efficacité des mesures de fermeté imposées aux conducteurs. En attendant, peut-être serait-il opportun de s’interroger sur l’efficacité des méthodes de dissuasion en matière de sécurité.  Ceci conduirait sans doute à envisager l’hypothèse selon laquelle, à partir d’un certain seuil, le risque n’est plus vraiment réductible et qu’un objectif de diminution à 2000 du nombre de décès sur la route en 2020 (objectif de l’UE défini en 2010) n’est pas très réaliste. Pour s’en approcher, d’autres pistes, intégrant des données sociologiques et psychologiques pourraient êtres explorées. Les connaissances existent et ont même été appliquées dans certaines campagnes de prévention. Leur mise en oeuvre comme leurs effets sont certes moins spectaculaires et on ne peut en attendre aucun retour financier direct, mais elles vaudraient la peine d’être exploitées.