Des contrôles fréquents dans les espaces boisés de la périphérie de Grenoble

A l’occasion d’un récent contrôle de gendarmerie vécu lors d’une sortie pédestre effectuée avec toutes les pièces et précautions requises, j’ai eu la mauvaise surprise d’apprendre que j’étais en infraction et donc verbalisable ! Alors que je circulais dans le périmètre autorisé, mes interlocuteurs me démontraient que google Map me situait à 1300 m de mon point de départ et donc en situation illicite. M’étant sorti sans dommage de cet imbroglio, quoique après avoir renoncé à mieux comprendre les méthodes employées par les forces de l’ordre, j’ai décidé de m’informer davantage, afin de ne pas me trouver de nouveau pris de court au cas ou cette mésaventure se renouvellerai avec des interlocuteurs moins accommodants (et il y en a)..

En premier lieu, j’ai relu le texte de l’attestation, laquelle précise bien qu’il s’agit d’un rayon, lequel permet de dessiner un périmètre, soit un espace circulaire se répartissant de façon égale autour d’un point central. J’ai bon ?

Ensuite je suis allé à la pêche sur le net. Et j’y ai trouvé… le site « officiel » : Géoportail et son calcul d’isochrone. Outre que cet outil n’est pas simple à trouver dans Géoportail si on ne dispose pas du mode d’emploi, il s’avère, renseignements pris, qu’il s’agit d’un site « beta » (à l’essai), que les données sur lequel il se fonde datent de 2017 et ne seront pas mises à jour en avril 2020 comme prévu pour cause… de Covid 19 ! Voyons le résultat pour une position quelconque dans la commune d’Eybens (Isère).

La « zone » de sortie autorisée selon Géoportail

En réalité, le site calcule la distance d’éloignement du domicile à la mode Google Map piéton : en empruntant les voies de circulation répertoriées. Inconvénient : les possibilités offertes par toutes sortes de chemins et sentiers sont ignorées. Ce principe est repris par un grand nombre de sites comme en témoigne l’exemple ci-dessous (même point de départ) avec des différences notables et des exclusions surprenantes :

Et une autre sur un site privé. Des zones sont exclues du périmètre sans justification

Je passe sur tous ceux que j’ai consultés et sur les différences observables de l’un à l’autre. Quoi qu’il en soit, on reste interloqué devant l’incohérence générale et cette volonté affichée de complexifier un sujet pourtant très simple : un périmètre, soit on est dedans, soit on est dehors. C’est le principe adopté ci-dessous (VisoRando) et qui coupe court à tout débat. Il repose sur le libellé de l’attestation qui est sans ambiguïté : tout ce qui est dans un rayon d’un km est accessible.

Dans cet exemple de périmètre autorisé, des possibilités de déplacement pédestre non répertoriées sur les sites de calcul de distances existent en quantité.

Il est parfaitement louable que des applications soit mises à la disposition des publics non familiers de la cartographie afin de faciliter la promenade sans risquer l’infraction. Mais que leur existence favorise une lecture plus restrictive des conditions de sortie que celle définies par le législateur et conduise à sanctionner abusivement des personnes est inacceptable.

Qu’on ne se méprenne pas, il ne s’agit pas ici de contester le bien-fondé d’une mesure décidée dans l’intérêt général. Cependant, il n’appartient à personne d’interpréter à sa guise et de surcroît sur la base d’outils incertains, telle ou telle disposition de la loi, à fortiori lorsqu’on est dépositaires de l’autorité publique. Si le texte en vigueur est jugé insuffisant, modifions en les termes. Mais en attendant, il doit être respecté dans ce qu’il interdit mais aussi dans ce qu’il autorise.

Pour ma part, je ne déplace plus qu’avec l’attestation de sortie et une représentation du périmètre autorisé. Et en cas de nouveau contrôle, j’attends qu’on vienne me dire à nouveau que je suis à 1300m de chez moi…