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Jeudi 13 octobre avait lieu la présentation de la synthèse des travaux de recherche conduits par Maud Vanpoulle dans le cadre de sa thèse de doctorat sur l’accidentologie des sports de montagne.

La Fondation PETZL étant partenaire de ce projet depuis son engagement en 2018 , cette manifestation s’est déroulée dans les locaux de l’entreprise à Crolles et de nombreux représentants institutionnels ainsi que des professionnels et des pratiquants avaient fait le déplacement.

Deux points forts de cette présentation résidaient dans la mise à jour des données concernant l’accidentologie ainsi que dans l’établissement des profils des pratiquants impliqués. Sans entrer dans le détail (toutes les informations sont disponibles sur le site de la fondation), les résultats confirment le bien fondé de l’importance accordée aux comportements en tant que source de situations d’accident. Une importance identifiée par le SNGM dès 2007 à l’occasion des travaux engagés avec le concours de D.R Kouabenan ainsi que par l’Ensa qui en a fait un axe fort de la rénovation de la formation de guide.

Cependant, l’axe « prévention » paraît, au moins en ce qui concerne la synthèse qui en est faite, moins convaincant. Particulièrement en ce qu’elle préconise en premier lieu de « cibler en priorité la prévention vers les profils les plus exposés« , ici les hommes de 20 à 29 ans . L’histoire des campagnes de prévention menées en France montre que celles qui ont privilégié cette stratégie ont été des échecs. En effet, par déni et/ou parce qu’ils se sentaient « stigmatisés », les publics ciblés avaient une fâcheuse tendance a ignorer les messages qui leur étaient adressés,  voire à les rejeter. Les constats issus de ces expériences ont permis de changer de stratégie et d’obtenir des résultats significatifs. Aussi, les recommandations qui clôturent cette synthèse et qui portent, soit sur la mise en lumière du risque le plus à craindre, soit sur les comportements à privilégier pour assurer la réussite d’un projet d’ascension, paraissent davantage en mesure d’atteindre leur but.

Quoi qu’il en soit, c’est maintenant aux acteurs de la formation, de l’encadrement ainsi qu’aux pratiquants eux-mêmes qu’il revient de se saisir de cet impressionnant travail pour développer les actions qui rendront les pratiques de montagne encore plus sûres. En attendant, il convient de saluer la qualité de la synthèse présentée par Maud Vanpoulle ainsi que l’engagement de toutes celles et ceux qui l’ont accompagnée durant sa thèse.

« Les messages médiatiques construits vont alors tenter d’éviter d’associer cette pathologie à un groupe particulier, à la fois pour toucher le plus de monde possible, mais aussi pour ne pas stigmatiser ou culpabiliser une frange particulière de la population. » Frédéric Ketterer « La production des campagnes médiatiques de santé publique : une dialectique entre normalisation des comportements collectifs et appel à la responsabilisation individuelle ».